#

INTRODUCTION

Le monde du bâtiment va évoluer

Nous changeons d’ère. De toutes les industries, celle du bâtiment représente le plus important émetteur de CO2 de la planète. Ses métiers devront changer. L’architecte prévoira des ruptures de ponts thermiques aux liaisons dalle/mur. Le maçon devra jointoyer ses parpaings. L’électricien isolera prises et passages de câble. Le plombier couvrira chaque tuyau de gaines isolantes. Le couvreur traitait l’étanchéité des toits, il montera des systèmes de protection thermiques. On en profitera pour se préoccuper de la protection acoustique des constructions. Chaque corps de métier devra revoir ses pratiques. Les clients payeront plus cher des maisons qui consommeront moins. Comme les voitures électriques seront plus onéreuses que leurs équivalents à moteur à essence. Ils seront financièrement gagnants à moyen terme (10 ans, environ). La Terre en tirera un bénéfice à plus long terme. 30% des importations de l’État français sont représentées par des énergies non renouvelables. La valeur de ce poste augmente continuellement. Il pourra enfin diminuer.

En attendant, les ouvriers du bâtiment vont devoir passer d’un niveau de précision exigé de l’ordre de 5 cm à moins d’un millimètre. Tout devient plus technique. Tout sera plus coûteux dans une construction : matériaux, main d’œuvre qualifiée, … .

 

La thermique bouscule les habitudes dans le bâtiment

Le béton est naturellement perméable. On le couvre d’une couche étanche. La qualité de l’enduit et la rigueur de son application font, seuls, l’étanchéité de ces murs. À l’extérieur, les tensions thermiques ou le tassement de l’isolant produiront inévitablement des microfissures. Il est donc important, à l’intérieur, de le couvrir intégralement, du sol au plafond. Aucun trou, aucune anfractuosité oubliée ne permettrait de répondre à l’exigence de « construction étanche à l’air ». Il n’y a pas à tergiverser : la pose de l’enduit intérieur devra être parfaite ! Les menuisiers qui posent une porte ne se contenteront plus de couvrir l’interface entre le cadre et le béton d’un peu d’enduit. Le joint devra être parfait. Il vêtira toute l’épaisseur du linteau. Le thermicien du propriétaire contrôlera cette pratique avec une caméra thermique. Si, au cours des manœuvres du chantier, un ouvrier bousculait une plaque de plâtre avant que la colle ne soit parfaitement sèche, cela provoquerait une fissure entre deux panneaux. Or, un espace d’un millimètre laisserait passer suffisamment de vapeur d’eau pour détruire de 50% l’efficacité de l’isolant qui l’entoure. Ce ne sera plus possible. Le joint encollé devra être repris, intégralement. On ne percera plus un trou dans un mur pour passer un tuyau. Le métal transmet trop parfaitement les thermies (16 000 fois plus que la même surface d’isolant). On n’abandonnera plus les ajustements de chantier au seul bon vouloir des artisans. Le robinet extérieur ne se situera donc plus systématiquement de l’autre côté de l’évier ou du lavabo. Il passera dans une gaine spécialement prévue, à un endroit anticipé dans les plans de l’architecte. Ceux-ci auront été préalablement calculés et simulés par les ordinateurs d’un thermicien. Les pannes et les chevrons du couvreur ne pourront traverser la couche isolante et étanche à l’air. En rénovation, les toits seront donc surélevés de cette épaisseur. On en profitera pour chaîner le tour de la maison, dans les régions à risque sismique. Le passage des câbles électriques et des tuyaux des chauffe-eau solaires, aura été prédéterminé. Dans les maisons isolées par l’extérieur, on n’oubliera plus de couvrir le haut des murs porteurs. Une pellicule rigoureusement continue couvrira toute l’enveloppe du bâtiment. La conception architecturale sera encore plus délicate. Si un futur propriétaire aime les tableaux, il faudra penser à ce qu’il puisse les accrocher sans toucher à l’isolation. Un bricoleur qui souhaitera installer des étagères empoignera sa perceuse et … dévalorisera définitivement son bien puisqu’il en aura augmenté la consommation d’énergie. Dans les contrats des locataires, la notion « d’état d’usage » changera.

On ne bouche pas un seau percé en le mettant dans un autre seau percé. L’étanchéité devra être totale. Il s’agit bien d’une révolution des techniques et des pratiques. Elle aura lieu sous nos yeux, dans chaque chantier de chaque construction. Le troisième millénaire a commencé.

 

Responsabilisation des ouvriers du bâtiment

Une personne veut se faire construire une maison. Elle choisit un architecte. Elle expose ses desiderata. Les plans sont réalisés. Le futur propriétaire vérifie que les résistances thermiques cibles sont conformes aux prescriptions de l’État. Il signe son contrat. Il se fait accompagner d’un thermicien pour contrôler les points clés de la mise en œuvre de  l’isolation et de la perméabilité à l’air. Le chantier commence. Le risque reste qu’entre les préconisations et la réalité il y ait une différence. Le diable se cache dans les détails. Comment être certain que ce qui avait été finement calculé deviendra réalité ? Une maison représente un investissement financier considérable. S’il s’agit d’une construction étanche, le propriétaire voudra être certain que son placement sera bien remboursé par les économies d’énergies futures. Il en va de son confort de vie mais aussi de la valorisation financière de son bien. Or, la plupart des erreurs thermiques seront cachées par les huisseries des fenêtres ou la peinture des murs. Il ne peut se contenter de confier la rentabilité des fonds investis à la bonne pratique d’ouvriers qu’il ne connaît pas. La confiance ne se décrète pas. Il louera les conseils d’un thermicien spécialisé en isolation. Il sera rassuré : la maison passera un examen.

Même dans la meilleure des équipes, le chef de chantier tourne parfois le dos à un ouvrier. Rien n’empêche celui-ci d’avoir alors un geste maladroit. Ce détail pourrait suffire à rater l’examen final.

Il n’y a pas de marge d’erreur. Tout doit être mis en œuvre, à chaque instant du chantier pour atteindre les coefficients cibles. L’architecte a déjà eu du mal à concevoir un bâtiment qui atteigne le minimum requis. Supposons que les ouvriers travaillent de bon cœur et préfèrent réaliser de la bonne ouvrage. Encore faut-il leur dire ce que, dorénavant, on entend par « faire du bon travail ». Avant, on leur demandait d’aller vite. Maintenant, on leur demande un haut niveau de qualité. Quelque chose qui était considéré comme accessoire il y a seulement dix ans : on ne peaufinait que les finitions. On doit leur enseigner ce qu’ils ne savent pas : quelles sont les conséquences de leurs pratiques du point de vue thermique. L’étanchéité à l’air est le point crucial. C’est sur lui que porte l’examen. C’est le même partout. Il n’y a qu’une épreuve. Il faut que le bâtiment terminé la réussisse. Il n’y a pas de favoritisme. La construction atteindra, ou pas, la note requise.

 

Bon sens thermique actuel

Lorsque nous nous habillons, nous ne nous posons pas de question. Nous connaissons parfaitement les effets différents, sur notre peau, d’une fibre naturelle ou synthétique. À un adolescent qui transpire des pieds, on achète des chaussettes en coton. Elles absorbent l’humidité. Si elles étaient en polyester, il suerait encore plus. Ce n’est que de l’expérience. Nous savons aussi, intuitivement, que le lin apporte moins de chaleur que la laine. La soie permet de passer du frais au chaud sans effort thermique. Il y a des raisons à cela. On les a décodées. Les fibres synthétiques sont droites, elles n’emprisonnent pas de microbulles d’air. Il faut les briser en microfibres pour qu’elles deviennent très isolantes. Les fibres végétales sont courtes mais leurs formes tourmentées s’enchevêtrent entre elles, ce qui donne de la souplesse au tissu. Comme tout corps ligneux, leur composition chimique fixe les molécules d’eau. Les fibres d’origine animale sont nettement plus longues, surtout la soie. Leur microstructure change selon la température à laquelle elles sont confrontées. Si on rince des cheveux à l’eau froide ils captent moins la poussière. Leur structure physique permet d’emprisonner beaucoup d’air. Ce sont de bons isolants thermiques. Il en va de même pour ceux que l’on place sur les maisons. Il y a cependant une nuance : certains matériaux sont lourds. L’inertie ajoute une qualité à l’isolation : le confort de la durée. Si on sort d’une pièce fraiche pour aller en plein soleil, on apprécierait que la fraîcheur que l’on ressentait perdure encore un peu sur notre peau. Ce type de vêtement serait trop lourd à porter. Les édifices le peuvent. Une veste en cuir noir abrite du soleil, mais elle tient chaud. Le matériau, relativement imperméable à l’air, a tendance à conserver notre chaleur corporelle contre nous. Les calories solaires sont bien captées par le noir. Elles s’accumulent dans l’épaisseur et finissent par traverser la veste. Il y a trop de thermies à l’intérieur de la veste : il y fait chaud. Si le cuir était très épais, les calories mettraient plus longtemps à le traverser. C’est le déphasage thermique. Les anciennes protections contre la chaleur des forges ou des fourneaux étaient donc faites dans ce matériau. Si on collait sa joue à une ombrelle, on ressentirait de la chaleur sur la peau. C’est la conductivité. Si on s’abrite sous elle, elle nous protège du soleil, l’air ambiant la ventile. Votre balcon est directement relié au plancher de votre logement. S’il est orienté plein Sud, le mettre à l’ombre d’une canisse diminuera l’apport d’énergie du soleil d’été dans votre intérieur. En hiver, il suffit de le laisser en plein soleil. Le bon sens thermique n’est pas affaire de spécialistes.

Calculer précisément ce qui résultera de l’application de telle ou telle épaisseur de tel ou tel matériau exige quelques connaissances et de bons ordinateurs. C’est le quotidien d’un thermicien. Il doit pouvoir présenter les différentes alternatives d’isolation et les quantifier. S’il a des notions de bioclimatisme, il vous conseillera peut-être des options d’une simplicité déroutante. Dans tous les cas, nos maisons seront isolées. Le plus tôt sera le mieux. Nos finances nous y incitent. Le bon sens nous y amène. C’est lui qui vous permettra de hiérarchiser vos dépenses en termes d’isolation.

 

Naviguer

Catégories

Suivez-nous

Tous droits réservés RENOUVEAU THERMIQUE © 2011 - Mentions légales - Réalisation : Agence Anonymes - Développement & hébergement de site : Intrasite Développement