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PARE-FEUILLES ROMAINS

Autour d'Arles ou de Marseille, les personnes fortunées occupaient des huttes plus grandes. Le souhait de créer des pièces séparées les conduisirent à construire des murs verticaux et à les couvrir d’un toit de roseaux. L’absence de bois massif contraignait ces pièces à être aussi étroites qu’un roseau était long (2,20 m). Ce fut une révolution de passer au toit en tuiles.

Les tuiles romaines existaient depuis longtemps déjà. Pourtant, les riches marseillais ne les utilisaient pas. Les quelques romains installés près du port avaient des maisons de ce type. Elles étaient parfaitement protégées de la pluie, mais il y faisait chaud en été et froid en hiver.

Il fallait importer des poutres et des chevrons pour construire ces toits (les Romains avaient déjà utilisé la majorité des grands arbres pour construire leurs bâteaux). Le bois n’était pas donné, le transport en charrette depuis les Alpes coûtait horriblement cher.

Le toit romain utilisait deux types de tuiles distincts. On posait d’abord les tuiles plates côte à côte jusqu’à couvrir le toit dans la longueur. Ensuite, on couvrait toutes les jonctions avec de petites tuiles arrondies.

Des décorateurs romains avaient eu l’idée d’utiliser les tuiles plates pour en faire des plafonds. C’était beaucoup plus joli que les roseaux et cela évitait que des insectes tombent à l’intérieur de la Domus. Cela coûtait cher puisqu’il fallait que ces plafonds soient traversés de chevrons qui puissent porter les tuiles. À Rome, c’était du dernier chic, mais là-bas, il y avait du bois !

Les Marseillais découvrirent que les maisons qui utilisaient ces plafonds de terre cuite étaient plus fraîches en été et plus chaudes en hiver. Lorsqu’on rajoutait encore une couche de tuiles … l’impression de confort grandissait encore.

Alors, ils investirent dans des chargements de poutres et de chevrons. Comme la terre cuite coûtait moins cher que la charpente, Ils firent produire des ‘tuiles’ plus larges et plus épaisses : les pare-feuilles.

Les pièces de leurs maisons s’agrandirent. L’humidité dégagée par la respiration des habitants, l’eau chaude ou la cuisine montait avec l’air chaud. La terre cuite des pare-feuilles captait cette eau. Le charbon rafraîchissait toujours le sol les jours de canicule. De la même manière, au moindre courant d’air, l’évaporation de l’humidité qu’avaient captée les pare-feuilles apportait de la fraîcheur à l’air des pièces. Le procédé s’avérait particulièrement efficace lorsqu’il y avait une légère brise marine, c’était souvent le cas en été.

En hiver, le système réchauffait moins bien que le mur des huttes. Mais les murs Sud ne pouvaient plus réchauffer toute la maison, maintenant qu’il y avait plusieurs pièces. On s’appliqua donc à couvrir soigneusement les joints des pare-feuilles d’un mortier de plâtre pour mieux conserver à l’intérieur de la maison l’air chaud dégagé par la cheminée, ce fut efficace.

Au plafond, le pare-feuille faisait son office de masse thermique, en toutes saisons. Les variations de température entre le jour et la nuit étaient adoucies par cet effet. En période chaude, le rafraîchissement venait du haut, ce qui était plus confortable, et le sol devenait froid lors des mois caniculaires. En période froide, l’air chaud était maintenu à l’intérieur. Ce qui s’adaptait parfaitement à un climat aux hivers doux et aux étés très chauds.

Le procédé fut tellement efficace qu’à quelques aménagements près on ne trouva aucune solution bioclimatique mieux adaptée au climat marseillais jusqu’à la fin du Moyen-Âge.

 

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