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MATéRIAUX ACTUELS : LES LAINES MINéRALES

Laine de verre : fragile

Si vous faîtes un tour sur un chantier, ou chez un marchand de matériaux, le jour où on décharge un arrivage de laine de verre, vous serez édifié. Les grands rouleaux sont jetés au pied du camion. Ensuite, ils sont roulés sur le sol. Légers, ils peuvent être jetés l’un sur l’autre afin de les empiler dans leurs rangements. Les hommes du bâtiment disposent généralement de bons bras bien musclés dont ils savent se servir. Lorsqu’il s’agit de couper ledit rouleau aux dimensions adéquates, ils n’utilisent pas une scie verticale à lame fine. Ils écrasent un peu l’épaisseur de fibre de verre et prennent une scie à main. La lame n’a pas besoin d’être très aiguisée : ça se coupe très facilement et vite. Quand il faut tapisser une pièce d’isolants, ...

 
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ils doivent glisser le panneau (coupé aux bonnes dimensions) dans des gorges, entre deux supports d’aluminium. Leur chef de chantier est là pour leur rappeler qu’ils doivent respecter une certaine productivité. Ils prennent le panneau en le serrant entre leurs mains et, d’un seul mouvement, le mettent debout. Ils le calent sur le sol d’un coup sec. Un coup du plat de la main en haut, un autre du pied en bas et une bourrade au centre pour que ce soit plat. Ça va vite et ça a l’air bien fait.
En dessous des deux couches de papier renforcé qui les protègent, les bulles d’air sont emprisonnées par les échardes de verre. Celles-ci sont très fines. Il faudrait en réunir une trentaine pour atteindre le diamètre d’un de nos cheveux. À chaque coup, à chaque choc, il s’en casse. La manutention des rouleaux de laine de verre en casse des dizaines de milliers. La manipulation des panneaux en brise encore. Si vous pensiez que le verre a une durabilité infinie, sachez que les échardes qui composent la laine de verre sont infiniment fragiles.
Lorsqu’un fabricant apporte un échantillon de sa laine de verre au Centre Scientifique des Techniques du Bâtiment, il le manipule doucement. Il met des gants. Il prend l’échantillon de son attaché case avec douceur. Il le pose sur l’appareil de mesure très soigneusement. Ensuite, les ingénieurs centraliens du CSTB font parfaitement leurs mesures. Ils en concluent qu’à cet instant, dans ces conditions d’hygrométrie, …, la résistance thermique de dix centimètres de cette laine de verre est de tant ! Ils ont absolument raison. Le problème est que la laine de verre qui se trouve dans une maison n’a pas été traitée de la même manière.
Son usage va user sa capacité d’isolation.
Sous un toit, chaque coup de vent créé des effets de pression et de dépression importants, des échardes de verre se brisent. La chaleur du jour entraîne une dilatation de l’air dans les combles qui peut être considérable. Cela crée des surpressions qui écrase la laine de verre et en casse des échardes.
Au bout d’une année, on constate que la laine de verre qui a été apposée sur les rampants de toit s’est tassée. Au pied de chaque panneau, derrière le papier qui le protège, on trouve de la poudre de verre. Au sommet, on trouve surtout du vide. Les mouvements d’air dans les combles ont cassé des échardes (poudre de verre au bas) et secoué la laine de verre (il n’y en a presque plus en haut). Bien évidemment, lorsque le verre est en poudre, il occupe tout l’espace et ne retient donc plus de bulle d’air. De même, lorsqu’il n’y a plus de laine de verre derrière le papier, il n’y a plus d’effet d’isolation.
C’est d’autant plus ennuyeux que les deux zones où on a le plus besoin d’effet isolant se trouvent justement tout en bas (retenir l’air froid en été) et tout en haut (retenir l’air chaud en hiver) des rampants du toit.
La laine de verre a encore deux défauts.
Lorsqu’elle est mouillée, les bulles d’air qu’elle emprisonnait sont dissoutes dans l’eau. Elles ne se reforment pas lorsque la laine de verre aura séché. L’endroit qui a été mouillé ne retrouvera jamais ses performances isolantes initiales. Les échardes qui s’échappent du papier protecteur sont tellement fines qu’elles sont inhalées par les occupants de la maison. Fort heureusement, à l’inverse de la laine de roche, elles sont trop grosses pour passer dans le sang. Comme elles ont la forme d’échardes, elles se plantent parfois dans le poumon ce qui a un effet irritant. Elles ont donc tendance à s’accumuler au fond des bronches.
La laine de verre est un isolant de très grande qualité thermique. Il a aussi l’avantage d’être remarquablement peu onéreux. Il doit être manipulé avec beaucoup plus de délicatesse qu’il ne l’est, sauf à accepter qu’il perde une partie de ses qualités thermiques. Il est d’autant plus efficace qu’il est protégé des variations de pression importantes. Idéalement, on utilisera la laine de verre dans des espaces clos (cloisons, murs, sols). Son usage généralisé dans les combles n’est pas idéal parce qu’il se traduit par un vieillissement accéléré qui peut entraîner une baisse conséquente de son pouvoir isolant et une pollution non négligeable de l’air à l’intérieur de l’habitat.
Un tapis de laine de verre posé sur un plafond peut néanmoins s’avérer très efficace s’il est protégé par un tapis supérieur de ouate de cellulose, par exemple. Celle-ci absorbera l’essentiel des variations de pression. Son traitement au bore repoussera aussi les rongeurs. La solution fonctionne bien à condition que l’on ait été très vigilant sur la parfaite étanchéité à l’air dudit plafond. La mise en œuvre doit donc être contrôlée avec une grande rigueur.
Une étude comparative allemande a conclu que lorsqu’un bricoleur soigneux pose de la laine de verre, elle perd jusqu’à 10% de son efficacité thermique. Sur un chantier, elle perd environ 40% de son efficacité isolante.

 

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