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LES PRINCIPES DE CONSTRUCTION DES ANCIENS

Nul ne peut prétendre intervenir sur une maison ancienne sans humilité.

 

Nos techniques actuelles sont supérieures à celles de ces bâtisseurs mais nous ne savons pas le quart de la moitié des astuces qu’ils employaient.

 

La transmission du savoir-faire a malheureusement souffert de l’hécatombe de deux guerres mondiales. À la première, tous les charpentiers ont été mobilisés (des deux côtés) pour s’occuper de consolider ou de construire les tranchées : de 16 à 60 ans, ils étaient au front. La relève reposa sur trop peu d’artisans souvent estropiés. Notre savoir-faire, aujourd’hui, c’est le poteau-poutre en béton armé !

 
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Entre les deux guerres, la « colle » qui nous permettait de fixer un poteau à une poutre a changé : nous sommes passés de la chaux au ciment. Lorsque le ciment est devenu roi, après la seconde guerre, la consommation dans les bâtiments neufs, qui se situait autour de 200kWh/m², a dépassé les 400kWh/m².
Le savoir-faire des anciens, en terme de bioclimatique, a donc largement été oublié mais il était bigrement efficace : deux fois plus efficace que le procédé constructif à base de béton d’après-guerre !
En d’autres termes, si nous avions progressé, aucun bâtiment ne dépasserait la classe D actuelle (du référentiel de l’ADEME). La moitié de l’objectif du Grenelle serait quasi-atteint !
Des progrès technologiques immenses ont été réalisés depuis l’avant-guerre : un bâtisseur de l’époque n’aurait jamais rêvé de la qualité inouïe  des fenêtres dont nous disposons aujourd’hui. Par contre, il n’aurait pas imaginé qu’on puisse couler une fondation en moins d’un an, et sans respecter les saisons !
« Fondation qui connaît le froid, fondation de fer; fondation qui connaît le gel, fondation d’enfer ! »
En Provence, on construisait en présentant perpendiculairement au Sud, la plus grande surface de mur possible (et ses ouvrants). Ce n’est pas le raisonnement tenu par les promoteurs actuels qui privilégient le découpage en un maximum de lots de même taille : certains pavillons se trouvent avec de grandes baies ouvrant au Nord, devant une piscine ! Les façades au Nord souffrent du Mistral, elles étaient parfaitement lisses. Si il y avait une fenêtre elle était étroite mais pas dans n’importe quelle proportion : les anciens avaient mesuré que les turbulences causées par un Mistral d’hiver ne touchaient pas le verre si le vent dépassait 50 km/h. Alors qu’aujourd’hui les concepteurs ne se sentent pas concernés et, au mieux, conseillent de placer une moustiquaire (non compris dans le devis !) ou des volets occultants (qui enferment les pauvres habitants 120 jours par an).
Les clients, futurs propriétaires, ont aussi tendance à privilégier la vue sur le confort bioclimatique de leur logement. Ce n’était pas très grave lorsque les énergies fossiles étaient surabondantes.
Nous avons progressé considérablement en technologie mais nous avons oublié les principes de base de la bioclimatique.
La science de nos anciens n’était pas négligeable. Ils ne manquaient pas de bon sens et leur bon sens valait le nôtre.
Aujourd’hui, si une personne se plaint d’humidité dans sa chambre, elle fonce sur internet. Elle cherche comment faire pour BLOQUER cette humidité si peu confortable. Les anciens utilisaient une autre approche : ils pratiquaient la bioclimatique. Comme ce n’étaient pas des personnes de grande culture théorique, ils appliquaient des principes simples. Un citoyen français de niveau bac comprendrait parfaitement la majorité de ces principes. Il nous manque les recettes. Ce sont celles qu’on a perdu lors des deux guerres mondiales : les « trucs » de métier. Par contre, nous disposons d’informatique et de logiciels de simulation thermique très performants. Le bâtisseur, donc, serait venu voir la chambre trop humide. Il aurait essayé de comprendre le pico-climat qui prenait place au niveau de cette dalle de sol. Les questions auraient été simples : « est-ce bien au sol qu’apparaît cette humidité persistante ? », « au niveau du carrelage ou au niveau de l’angle des murs ?», « la dalle béton est-elle recouverte de nylon ? ». Il aurait vérifié la qualité de la ventilation, ainsi que la rugosité du sol. Il aurait évalué la durée d’ensoleillement de ce sol et … il aurait cherché quel moyen physique naturel pourrait ÉVACUER cette humidité, de façon pérenne. Il n’aurait pas utilisé de chaudière ni de photovoltaïque (dont il n’aurait jamais pensé qu’il puisse être inventé). Il n’aurait disposé que de matériaux proches, d’huile de coude et de temps.
Dans tous les cas, le bâtisseur (le Mestre) aurait cherché à rendre le logement le plus climatiquement agréable qu’il soit possible, toute la journée, toute l’année.
La RT 2012 nous demande d’appliquer des principes bioclimatiques. Le fameux « coefficient Bbio » doit être validé avant la dépose du permis de construire (à partir du 28 octobre 2011). Celui-ci valide essentiellement trois facteurs : la compacité du bâtiment, la prise en compte de l’orientation cardinale dans la conception et la qualité de calcul des ombrages et masques solaires structurels. C’est une mesure efficace qui diminue fortement la consommation, autant la prendre en compte dès l’esquisse.
On peut utiliser d’autres procédés bioclimatiques pour chauffer ou refroidir un bâtiment.

 

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