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LES ANCIENS CONNURENT AUSSI LE FROID

La manière dont les constructeurs du 17ème siècle construisaient s’inspire de deux principes…

 

L’aïkido est un art martial japonais qui provient du Jui Jitsu

Il consiste essentiellement à utiliser la force de l’adversaire et éviter de recevoir les coups. La manière dont les constructeurs du 17ème siècle construisaient s’inspire des deux mêmes principes. C’était l’époque du Petit Âge Glaciaire. Le Rhône gelait sur 1,50 mètres d’épaisseur, Venise était prise par les glaces mais les habitants vivaient dans leurs maisons pauvrement chauffées. Comment faisaient-ils ?

 
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Toits bas, haies, pièces accessoires (remise, cave, cellier, …), … leurs bâtiments évitaient autant que possible l’effet refroidissant du vent d’hiver. En Provence, toutes les maisons regardaient au Sud. Les rares fenêtres qui donnaient au Mistral étaient minuscules. On entassait le bois de chauffage devant le mur Nord, décollé du mur pour ne pas que l’humidité y pénètre. Dans certaines zones, les murs (Est et Ouest) et le toit avançaient pour que les turbulences ne viennent jamais lécher la façade Sud, celle où se trouvaient les fenêtres.
On ne connaissait pas les joints ni les doubles vitrages, alors on collait du papier (ou du tissu) huilé sur les vitres. Au début de l’hiver, on avait couvert l’huisserie de la porte d’argile avant de la refermer : elle fermait de manière tout à fait étanche. Au-dessus de la chambre et de la pièce qui faisait office de cuisine-salon-salle à manger, on avait entassé de la paille et le grain (d’où le mot grenier). Bref, on vivait calfeutré. Toutes les calories que dégageaient les habitants restaient piégées dans les deux pièces à vivre. Celles que dégageaient le feu ou les plats aussi. Dans certaines régions, on avait agrandi la cheminée pour y installer deux bancs de pierre. On ne se collait jamais aux murs Nord de ces pièces puisque c’était là que se trouvaient le placard ou les coffres. Par contre, on dormait parfois collé au mur Sud.
Le papier huilé servait à renforcer l’isolation de la vitre. Il était assez peu efficace, beaucoup moins qu’un double vitrage actuel. Il débordait largement du vitrage ce qui permettait d’éviter que des filets d’air froid ne se glissent entre le verre et le bois. La masse thermique des bancs de pierre accumulait de la chaleur tant que le feu brûlait, puis elle renvoyait (doucement) la chaleur durant la nuit, lorsque l’âtre était éteint, évitant que les dormeurs n’aient trop froid. Les murs Sud déphasaient la température de 12 heures : toute la chaleur apportée par le soleil sur sa face extérieure mettait dix heures à traverser son épaisseur. Aussi, la chaleur captée au plus chaud du jour, vers 14h, arrivait sur la face intérieure du mur vers deux heures du matin, avant l’air le plus froid de la nuit. Alors, le mur se comportait en un immense chauffage radiant.
Ces solutions bioclimatiques simples étaient utilisées à une époque où les techniques constructives étaient moins complexes qu’aujourd’hui. Les matériaux n’avaient pas l’efficacité qu’on leur connaît maintenant.
À la fin de la seconde guerre mondiale, après qu’on eut pleuré ses morts, il fallu se loger. On ne savait où aller. Les jeunes mariés habitaient chez leurs beaux-parents. La promiscuité était la règle. Il fallait construire et vite !
On choisit le procédé qui permettait de faire des logements très vite et avec une main d’œuvre peu qualifiée. On construisit en béton, à toute vitesse. À la fin des années 50, on avait réussi à pallier à l’urgence. Ce fût une réussite en ce sens que les gens pouvaient se loger, mais le ciment est un matériau transparent aux calories et à l’humidité. On appliqua des enduits très efficaces qui protégeaient pas mal de l’humidité mais pas du froid, et on chauffa ! On consommait du gaz ou du fioul à grande échelle puisqu’ils ne coûtaient presque rien. Lorsqu’il y eut le choc pétrolier des années 70, on tenta d’en utiliser un peu moins et … Jusqu’à ce que le monde prenne conscience que les stocks de pétrole diminuaient … Et même qu’en 2014, la demande d’énergies renouvelables pourrait commencer à être supérieure aux capacités d’extraction.
Alors le gouvernement se lança dans des règlementations thermiques successives. La RT 2012 demande à ce que les projets des architectes prennent en compte le facteur bioclimatique (Bbio). Exactement ce que faisaient nos anciens avec leurs maisons de terre et de pierres : se protéger des excès du climat et profiter au maximum de ce qu’il peut nous apporter.
C’est que le climat est puissant : il vaut mieux éviter ses coups et profiter de sa force. La bioclimatique consisterait à pratiquer l’aïkido avec le climat ?

 

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