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LA BIOCLIMATIQUE, UN CONCEPT éLOIGNé

On perçoit intuitivement la bioclimatique comme un concept éloigné de notre quotidien. C’est exactement le contraire. Nous avons tous une relation avec le climat puisque nous vivons baignés par lui. Quand il fait chaud, nous utilisons des vêtements plus légers. Mieux que ça : nous privilégions des fibres adaptées. Notre expérience nous a montré que ...

 
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nous transpirions plus dans des chaussettes en matière synthétique que dans celles 100% coton.
La bioclimatique consiste à prendre en compte cette expérience de « chaussette » et à comprendre son mécanisme.
Considérons, pour simplifier,  une «chaussette en synthétique» et une "chaussette en coton" qui ont rigoureusement le même poids, la même coupe et la même densité de tissage. Répétons l’expérience : le résultat s’avère être le même !
Si un design particulièrement attrayant ou un effet de mode nous amenait à mettre, en plein été, une paire de chaussettes synthétiques, nous remarquerions en fin de journée que nous avons plus transpiré qu’à l’habitude. Nous ferions appel à notre expérience et nous conclurions : « évidemment : c’est parce qu’elles sont en synthétique ! ». Bref : nous avons construit notre bon sens. Si nous souhaitons transpirer moins, nous utiliserons dorénavant exclusivement des « chaussettes en coton ». Notre bon sens est établi.
Il faudra une nouveauté technique pour nous faire changer d’avis, et ce uniquement après que nous l’ayons testée et re-testée (exemple : membranes respirantes). Nous agissons donc exactement comme nos anciens : le fruit de notre bon sens nous guide. Nous répèterons à l’envie la solution que nous avons trouvée la plus efficace. Elle est le fruit de l’expérience !
La bioclimatique consiste à contempler ce savoir-faire et à essayer de le comprendre, voire à le calculer.
Nous utilisons des procédés bioclimatiques que nous qualifions de « simple bon sens ».
En Provence, le soleil d’été tape fort. Les grandes fenêtres y sont protégées par des volets. Durant les heures chaudes, les volets étaient fermés par la maîtresse de maison. Dès les heures fraîches, on les ouvrait «pour laisser entrer la fraîcheur».
Lorsqu'une fenêtre était perçue comme froide, la nuit, nous tirions devant elle un rideau. Si nous restions assis devant cette fenêtre et que nous sentions un filet d’air froid, nous poussions le bas du rideau contre le bas de la fenêtre, machinalement.
Pourquoi ? Parce que l’air froid s’écoule par le bas.
Après guerre, nous avons eu le choix entre les matières synthétiques et les matières traditionnelles. Nous savions que la laine isolait plus du froid que le coton, même si nous ignorions que c’est parce que les fibres animales (laine, soie) piègent plus d’air immobile que les fibres végétales (lin, coton, …). Notre bon sens nous a vite révélé que les toiles synthétiques protégeaient moins bien du froid. Quant aux fibres traditionnelles, nous n’ignorons pas que plus le tissu est épais, plus il protège. L’effet isolant du tissu est dû à l’air immobile (le meilleur des isolants thermiques), donc plus il y a d’épaisseur, plus il contient d’isolant.
Aujourd’hui se présente un nouveaux choix : fenêtre simple vitrage avec rideau ou fenêtre double vitrage. La qualité des joints utilisés dans la fabrication  des fenêtres à double vitrage, leur confère une efficacité telle qu’il faudrait un rideau diablement épais pour rivaliser (de l’ordre de 50 cm d’épaisseur), ou bien une grande superposition de rideaux classiques. Notre bon sens en est déjà conscient. Il ne s’agit plus là d’un savoir ancestral mais d’une multitude d’expériences récentes cumulées : le savoir collectif récent.
C’est la limite.
Assez vite, on ne sait plus s’il s’agit d’expériences nombreuses ou de propagande. La publicité atteint très adroitement notre cerveau. La diffusion à grande échelle de ses messages tend à nous confondre.
Quelle expérience avons-nous des verres à couches de contrôle solaire ? Quel savoir collectif nous permet de comparer les dépôts métalliques par pyrolyse de ceux qui utilisent des pulvérisations cathodiques sous vide ? Nous identifions la marque, nous avons entendu le message publicitaire («la promesse») mais ce n’est pas notre bon sens qui saura départager les produits.
La bioclimatique n’a pas vocation à comparer des produits ou des procédés industriels. Elle s’appuie sur un savoir local, une somme d’expérience souvent ancestrale.
La bioclimatique consiste à utiliser des phénomènes thermiques ou hygrométriques naturels et souvent perpétuels pour assurer un meilleur confort de vie. Elle ne consomme pas d’énergie fossile. Son emploi se matérialise dans la conception du bâti.
Elle ne refuse pas les matériaux modernes. Elle les emploie selon des principes connus basés sur la somme des expériences de nos prédécesseurs. Ce n’est pas une science mais un savoir-faire.
Chaussette en coton ou en nylon ?
Les fibres de coton sont des fibres de bois. Lorsqu’elles sont en vie, elles pompent de l’eau au travers de minuscules canaux. Contemplées avec un microscope électronique, on constate que, après avoir été séchées, elles ne contiennent plus d’eau mais de l’air.  Si on utilise un microscope optique, on verra que ces fibres de bois donnent l’apparence d’un agglutinement d’espèces de ressorts distendus. Les espaces entre ces «ressorts» sont emplis d’air. Si le fil a été confectionné très serré, les «ressorts» sont comprimés les uns contre les autres, ils emprisonnent cet air. Si deux fils ont été enroulés l’un contre l’autre afin de constituer un fil plus gros («fil retors»), on constatera que les «ressorts» de l’un et de l’autre finissent par créer des liaisons entre eux. Si l’on pose une goutte d’eau sur la fibre, on remarque qu’elle s’étend et se répartie entre les «ressorts».
Lorsque nous marchons, nos chaussettes subissent des efforts mécaniques. Tous les «ressorts» sollicités se distendent et se retendent, accompagnant les mouvements de nos pieds. 
Les fibres synthétiques sont produites en étirant une goutte de matière. Il s’agit donc de tubes pleins. Prenons pour exemple un nylon. Au microscope électronique, on voit des fils de diamètre à peu près constant, pleins de longues chaînes carbonées (les monomères), parallèles, unies entre elles par des solides liaisons amides (Carboxyl-Azote). Au microscope optique, on constate que ces fibrilles sont tissées entre elles mais (à de rares exceptions près) n’ont pas de liaisons chimiques ni physiques.
Si l’on pose une goutte d’eau sur le tissu synthétique (et si celui-ci n’a pas été recouvert d’un «apprêt» chimique), la goutte est fractionnée par les fibres et se reforme de l’autre côté : l’eau le traverse.
Quand l’on marche, les fibres frottent les unes contre les autres, contribuant à un échauffement de la peau du pied.
Le «bon sens» a raison : on transpire moins dans une chaussette en coton que dans une chaussette en nylon.

 

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