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INTRODUCTION

La bioclimatique est née il y a très longtemps : dès que l’homme a construit un habitat fixe. Dans la préhistoire, déjà, les bâtiments étaient orientés en fonction de la course du soleil. On avait soigneusement choisi leurs emplacements.

Depuis, cette adaptation du vivant au climat (bio-climat) a progressé. Chaque fois que l’on a découvert une nouvelle ...

 
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parade, on l’a testée. Si elle s’est avérée meilleure sur la durée que ce qu’on connaissait, elle s’est imposée. Elle a été répétée. C’est le mécanisme du cliquet : le mouvement peut aller vers l’avant mais il ne revient jamais en arrière. Sur cette base empirique se sont construits les artisanats : le savoir faire ancestral.
Théoriquement, nos édifices actuels devraient être plus performants que ceux des années 1800. Ce n’est pas le cas de leur thermique. Le Centre Scientifique des Techniques du Bâtiment (CSTB) a procédé à une étue approfondie du patrimoine bâti de l'Etat. Ses ingénieurs (essentiellement Centraliens et Polytechniciens) on fait installer des capteurs dans un grand nombre de constructions anciennes.  Il en a résulté plusieurs conclusions intéressantes :
-          La résistance thermique des parois n’est pas constante sur l’année.  Elle semble varier en fonction de l’humidité qui les habite.
-          Les logiciels de simulations les plus perfectionnés ne peuvent calculer la résistance de ces parois qu’avec des taux d’erreur souvent supérieurs à 20%, ce qui est colossal.
-          Les constructions testées affichent une consommation moyenne de 200 kWh/m²/an.
La plupart de ces bâtiments historiques ne sont plus utilisés comme ils l’étaient. Tel prieuré comportait une étable accolée qui est devenue salle d’exposition des œuvres d'un musée, ce faisant on a ouvert une porte là où il n’y en avait pas. Dans un mas provençal, les pièces d’habitation étaient protégées de l’Ouest par une écurie et du Nord par un cellier : elles ont été transformés en salon cathédral et en chambre d’ami (avec salle de bain). On comprend aisément que, si l’étude du CSTB a considéré toutes les pièces actuelles, il est vraisemblable que les seules pièces originellement destinées à l’habitation obtiendraient des performances thermiques encore meilleures.
Mais il y eut deux guerres mondiales.
La première décima les artisans. Les charpentiers furent mobilisés de seize à soixante ans ! On les envoya au front pour construire et réparer les tranchées. Le gaz moutarde en tua beaucoup. L’Ypérite acheva rapidement les bronches des plus âgés : ceux qui détenaient le savoir-faire. La transmission des connaissances fut interrompue. L’administration militaire se moqua éperdument du lien qui unissait un maître et son apprenti. Des siècles d’expérience se perdirent dans « la guerre massacrante ». La Faucheuse ne laissa que des jeunes, souvent éclopés. Les patrons charpentiers d’après 1915 reconstruisirent la France, leur moyenne d'âge était de 26 ans.
Les corps des survivants avaient beaucoup souffert. Le bâti fut moins abîmé que la baisse du savoir-faire. On répara beaucoup plus qu’on ne construisit, entre les deux guerres.
Lorsque la seconde guerre mondiale se termina, on constata le désastre des bombardements. Des villes entières avaient été rasées. De Hambourg, il ne resta que la Cathédrale, seule, intacte au milieu d’un océan de ruines.
Il fallut reconstruire. L’urgence fut absolue. On chercha la solution qui permettrait d’aller le plus vite possible. On trouva.
Les ciments venaient d’atteindre un degré technique inégalé. Il s’agissait clairement du meilleur liant dont nous disposions dans le monde. Sa composition chimique acceptait les agrégats les plus divers. On savait en poser des tonnes en quelques heures. Le Plan Marshall nous y incitait. On pouvait le fabriquer à qualité constante.
La perte du savoir-faire et le challenge de « la reconstruction » du pays frappèrent également les deux camps. L’Allemagne et la France choisirent le ciment. Le béton en dérivait, il demandait une main d’œuvre peu qualifiée.
Le besoin était tel que, malgré ce matériau innovant, malgré les investissements colossaux, il fallut 25 ans. La demande resta plus forte que la production jusqu’aux années 1960. En 1965, de nombreux couples parisiens vivaient chez leurs beaux-parents, faute de trouver un logement.
La priorité des années 1960 n’est plus d’actualité.          
L’efficacité énergétique s’impose.
Elle est écologique mais surtout pragmatique. Qui parie encore sur une baisse durable du coût des énergies fossiles ?
Les énergies renouvelables proposent un coût très nettement supérieur à celui qui prévalait lorsqu’on avait élu le béton « roi des matériaux ».
Dans cet intervalle, nous avons inventé des techniques très efficaces. Un plombier de l’après-guerre ne rêvait même pas de nos technologies actuelles. Les pompes à chaleur, les isolants, les systèmes thermodynamiques, les panneaux photovoltaïques ou les éoliennes s’imposent. La Règlementation Thermique 2012 nous y amène.
Si nous vivons les prémices d’un changement climatique, regardons ceux qui en ont déjà connu. Qui plus est : observons les évolutions des peuples qui ont déjà vécu ça. Ils utilisaient des techniques primaires. Certaines sont très efficaces. Certaines s’avèrent très bon marché. La plupart ne peuvent être intégrées que par des architectes. Nos bureaux d’étude regorgent de logiciels perfectionnés.
Nous connaissons déjà le résultat.
Les maisons qui se construisaient en 2004 affichaient des consommations allant jusqu’à 400 kWh/m² et par an. Elles étaient thermiquement deux fois moins efficaces que les vieilles bâtisses du 18ème siècle !  La théorie du cliquet n’est donc pas linéaire. Elle a été cassée par deux guerres mondiales.
C’est à n’y rien comprendre : de vieilles maisons aux murs trop épais avec de trop petites pièces … seraient plus thermiquement efficaces que les maisons d’un catalogue avec fenêtres double vitrage ?
Nous préférons la luminosité des « maisons d’un catalogue » à celles des demeures moyen-âgeuses.
Nos anciens préféraient vivre dans des maisons douillettes. Leurs artisans avaient donc sélectionné des principes constructifs efficaces en ce sens. Ils rafraîchissaient la demeure en hiver, ou bien la réchauffaient en hiver, ou bien les deux. Ils freinaient le vent ou modulaient l’humidité des murs …
Ils faisaient de La Bioclimatique sans le savoir. Ils en ont laissé une infinité de traces : tous les vestiges, ruines ou bâtiments anciens qui sont disséminés dans notre terroir.
Qui plus est : ces vestiges montrent des propriétés thermiques adaptées. Chaque région utilisait des principes différents puisque l’adaptation au climat local l’imposait. Toutes les constructions d’un bourg utilisent des principes similaires. Certaines zones de vent sont couvertes de vieilles bâtisses, toutes exactement alignées. Il existe des formes de cheminées que l’on ne trouve que dans des vallées bien précises.
C’est un savoir-faire. Il est sous nos yeux.
Qu’avons-nous à perdre à considérer que le bon sens des anciens valaient le nôtre ?
S’il s’avérait que certains de leurs principes se conjuguent heureusement avec nos techniques actuelles ?
À moindre coût ?
Les architectes restent les concepteurs.

 

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