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HISTOIRE DU BIOCLIMATISME

L’histoire du bioclimatisme a commencé le jour où ...

 
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un homme s’est demandé comment construire un toit entre le climat et lui.
Les habitats sont devenus permanents il y a très longtemps. Quand le réchauffement climatique de la fin du Dryas Récent, les humains se sont fixés sur les points d’eau.
On n’a jamais connu un réchauffement aussi violent et aussi brutal en 400 000 ans de relevés glaciaires arctiques : en quarante ans, les températures s’élevèrent de 15°C ! Les humains de cette époque (10 000 BC) disposaient de peu d’outils : pieux durcis au feu et filet de chasse. Les Natufiens étaient sous stress. Ils vivaient de la chasse à l’ours (au filet) dans la forêt la plus giboyeuse du monde de l’époque, du côté du Jourdain. Quarante ans plus tard, ils se trouvaient à chasser la gazelle dans une savane sèche (et durent inventer l’arc). Ils adaptèrent leurs habitats à ce changement climatique. Ils ne connaissaient pas les isolants, ni le verre, ni les joints. Ils choisirent d’enterrer leurs maisons d’1,40 mètre.
C'est-à-dire qu’absolument toutes leurs constructions se sont trouvées enterrées d’exactement 1,40 m. Il s’agit bien d’un choix. Ce choix prenait évidemment en compte la difficulté de creuser aussi profondément dans une terre pierreuse quand on ne dispose que de ses mains, du feu, d’épieux et d’omoplates d’animaux (en guise de pelle).
Tout le peuple natufien utilisa exactement la même solution bioclimatique. Cette technique était aboutie puisque l’intégralité des logements, quelque fut le village, creusa exactement à la même profondeur.
Dans chaque bourg, une « maison » plus grande que les autres (5 m de diamètre au lieu de 3 m) contient un «puits». Celui-ci n’était pas destiné à trouver de l’eau mais à piéger l’air froid nocturne. Il servait au stockage des aliments. Cette technologie-ci restait vraisemblablement encore perfectible puisque les profondeurs de ces « réfrigérateurs naturels » n’est pas constante.
Les Natufiens de 10 000 BC formèrent un peuple extraordinairement inventif. Il personnifie l’entrée des humains dans le Néolithique. Comme tous les humains, leurs habitats devaient apporter protection et confort. Ils n’auraient pas fait l’effort colossal de creuser chacune de leurs maisons de 1,40 m si cela n’avait pas eu un intérêt majeur. Or, du point de vue énergétique, cette profondeur représente un excellent compromis entre la masse thermique terrestre (amortissement des amplitudes) et la température constante (soit, dans cette région, 15°C à 7 m sous terre). Les Natufiens s’étaient donc inventé un système constructif qui leur apportait un climat tempéré dans leur habitat. C’était la meilleure adaptation possible au changement climatique extraordinairement violent qu’ils connaissaient.
En 8 500 BC, dans la même région, les Mureybétiens appliquèrent exactement le même principe constructif bioclimatique. Ils étaient confronté à un problème : certains de leurs villages devaient être édifiés dans des oasis, sur du sable. Alors, ils partirent du schéma des cabanes qu’ils construisaient lorsqu’ils poursuivaient un troupeau de gibier durant des jours. Ils disposaient de bois et de roseaux. Ils édifiaient une armature en bois (poteau-poutre) et la recouvrait de roseaux glanés à proximité.
Très vite les Mureybétiens découvrirent les propriétés thermiques des roseaux. Ces plantes vivent en pompant beaucoup d’eau à travers une infinité de petits tubes qui forment la structure de son enveloppe. Lorsque le roseau est sec, ces tubes s’emplissent d’air. C’est un excellent isolant. Il régule aussi remarquablement l’humidité. Il est particulièrement efficace lorsqu’il est comprimé en nappes très denses.
Dans ces pays arides, la protection contre la pluie était accessoire. Le problème était la chaleur. Les Mureybétiens se mirent à couper des roseaux en quantité. Ils l’amoncelèrent sur leurs toits jusqu’à des épaisseurs de 60 cm voire 80 cm. Ils protégèrent donc leurs logements des rayons solaires verticaux de l’été. Ils alignèrent la majorité de leurs cabanes plein Sud et protégèrent l’entrée d’un sas et d’une ombrière qui avançait de 2,20 m. Ils firent tous de même.
En 1900 BC, la Terre connut un refroidissement conséquent (1°C) qui modifia profondément le régime des pluies. Les trois peuples dominants de la Méditerranée étaient les Egyptiens, les Phéniciens et les Crétois. Chacun chercha des solutions pour que les habitats devinssent plus agréables. Puisque les temps se faisaient froids, il fallait trouver une solution pour réchauffer un peu plus l’intérieur des bâtiments. Aucune n’eut recours aux cheminées.
Ce furent les Egyptiens qui mirent au point la parade. Ce fut un peu par hasard.
Le changement du régime des vents assécha le Sahara. Les pluies se déplacèrent nettement au Sud du Tropique du Cancer. C'est-à-dire : vers la zone de captage hydrographique du Nil. Il s’ensuivit des inondations catastrophiques, des famines et la décadence de l’Egypte du Moyen Empire. Les temples étaient construits à plat sur une terre damée. Comme on était peu riche, on construisit peu de temples. Ceux que l’on édifia le furent sur une plateforme de pierres destinée à les protéger des inondations.
Les Phéniciens étaient les commerçants de l’époque. Ils s’enrichirent beaucoup en vendant des blés aux peuples en disette. Ils remarquèrent que ces plateformes étaient adossées à un grand escalier maçonné dirigé plein Sud. Ils notèrent aussi que ces temples étaient plus chauds en hiver que les autres. Quand ils eurent compris le mécanisme, les Phéniciens l’appliquèrent en l’améliorant. Dès cet instant, et jusqu’à la fin de la période froide, tous les temples qu’ils vont construire le seront sur une haute plateforme précédée d’un escalier à 32° orienté au Sud.
En Crète, le palais de Knossos fut largement agrandi. On ajouta des bâtiments à côté des zones de stockage. On les ordonna autour d’une vaste cour.
Une solution visant à la thermique des bâtiments s’est avérée si efficace qu’aucun de ces peuples n’eut besoin de recourir à la consommation de bois de chauffage.
Les Egyptiens du Nouvel Empire (jusqu’à 1080 BC) construisaient des maisons de terre battue couvertes de roseaux et d’un peu d’argile. Ceux de la vallée du Nil habitaient  sur des terre-pleins au-dessus du niveau des inondations. Les habitats des cadres comportaient tous une cave. Pourquoi préférer une cave à une pièce supplémentaire ? L’effort eut été moindre mais la cave a l’avantage de conserver l’air froid et d’autant plus s’il est humide. Or, les nuits sont fraîches dans les climats désertiques. S’il faisait trop chaud dans la maison, en début d’après-midi, il suffisait d’ouvrir la porte de la cave. L’air se déplaçait lentement du frais vers le chaud, créant un courant d’air. Les Egyptiens fortunés pouvaient donc réguler la température de leur habitât. Ils ne disposaient pas de machines, ils se contentèrent d’une conception éprouvée et d’une porte.
Les Grecs inventèrent l’architecture. Ils utilisèrent l’astuce perfectionnée par les Phéniciens. Ils apportèrent des améliorations considérables à la conception des péristyles.
Ce peuple vécut de 700 BC à 250 BC un climat de plus en plus froid, c’est « la Grèce belliqueuse ». Puis, de 250 BC à l’an 300 AC, les températures allèrent se réchauffant, c’est la Grèce de « l’hellénisme ». Leurs bâtiments durent s’adapter à ces évolutions des thermomètres. Tous les bâtiments que l’on construisait reflétaient les températures moyennes du moment. En 700 BC, les constructions furent toutes orientées au Sud Est, les tuiles utilisées étaient de marbre clair. Vers 600 BC, les nouveaux bâtiments visaient le plein Sud. Vers 500 BC, les péristyles firent moins écran au soleil d’Ouest. Vers 450 BC, on commença à peindre de rouge le bas des murs. Vers 400 BC, les constructions tournèrent encore et s’orientèrent vers le Sud-Ouest. Vers 350 BC, l’usage des tuiles de terre cuite se généralisa. Vers 300 BC, les murs extérieurs furent intégralement peints de rouge. Vers 250 BC, ce fut au tour des piliers d’être teints et puis on commença à abattre des péristyles. On pourrait dater la construction de la plupart des bâtiments grecs en se basant sur ces indications.
L’effet de cliquet continua à opérer. Les Romains perfectionnèrent le système de rafraîchissement par captage d’air nocturne. Dans les régions où le ciel est clair, les amplitudes thermiques sur 24h dépassent régulièrement 12°C. La plupart des maisons romaines furent construites autour d’un atrium. Il y en eut d’autant plus que les températures moyennes du globe s’élevaient.
Ces anciens adaptaient leurs constructions au climat du moment. Ils faisaient de la bioclimatique sans le savoir. Ils cherchaient tout simplement à vivre le mieux possible. Les Mayas rendirent obligatoire cette adaptation au climat du moment.
Ils étudiaient particulièrement les trajets du Soleil, de la Lune et de Vénus. Ils en avaient déduit un calendrier très précis basé sur des « siècles » de 52 années. Chaque fois que ce cycle se terminait, toutes les constructions de l’Empire Maya devaient être mises à bas. Tout ce que les hommes avaient édifié se trouvait démonté et mis au sol. La durée d’une construction était donc connue.
Lorsque tous les constituants de chaque maison étaient alignés par terre, les prêtres disaient comment il fallait reconstruire. Avec les mêmes matériaux, un peu de terre et beaucoup d’efforts, chaque famille reconstruisait sa maison. Elle pouvait être orientée légèrement différemment, elle pouvait avoir un toit un peu plus long, … Et se trouver mieux adaptée au climat ambiant. Les conquistadores espagnols avaient été très frappés de constater que toutes les maisons de Tenochtitlan étaient rigoureusement parallèles.
On a oublié un grand nombre des solutions thermiques qu’avaient découvert nos anciens. Deux guerres mondiales ont rompu la transmission du savoir.
Ciment / transparent aux calories
Guerre de 14 a commencé à cheval / celle de 40 a fonctionné au pétrole
Energie
Chauffage
Très cher en Autriche et en Europe du Nord
Le bioclimatisme a été mis en équation. Ce furent d’abord les plus grandes universités américaines qui effectuèrent des simulations informatiques. Elles modélisèrent certaines élucubrations remarquablement efficaces mises au point par des communautés hippies. On put mesurer combien les habitudes constructives traditionnelles des indiens d’Amérique s’avéraient thermiquement performantes.
Il s’ensuivit une grande créativité conceptuelle. On construisit des maisons solaires. On s’essaya à stocker la chaleur. On inventa les caméras thermiques. On aboutit rapidement à des solutions compliquées. Ces recherches passèrent de mode jusqu’à ce que, à Darmstadt, un Allemand édifie une maison passive et agréable à vivre. Le mouvement actuel vers les bâtiments thermiquement performants s’est largement inspiré de ces travaux.
La Règlementation Thermique 2012 a mis la Bioclimatique au premier plan. Tout à coup, un permis de construire pourra être refusé si le bâti n’est pas assez compact, les baies au Nord ou des fenêtres mal pensées.
La bioclimatique n’avait rien de règlementaire. Elle n’était qu’un savoir-faire : du bon sens appliqué aux constructions. S’en inspirer peut largement diminuer les besoins en énergie fossiles actuels.

 

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