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ÉNERGIES GRISES

En 2007, devant les ONG, le ministre de l’écologie mettait fin à une série de négociations inédites : le Grenelle de l’Environnement. Il en résulta 263 engagements solennels.

 

Le Parlement vota ...

... à l’unanimité, la loi du « Grenelle 1 », le 5 août 2009. Il y était dit que l’ensemble de la filière « bâtiment » représentait à elle seule 43% des consommations énergétiques françaises, soit 120 millions de tonnes de gaz à effet de serre par an, plus que les transports.

 
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On annonça que la baisse de consommation d’énergie dans le bâtiment devrait atteindre 38% avant 2020. On prit acte, qu’en 2012, toutes les constructions, soumises à permis de construire, destinées à l’habitation, ne dépenseraient pas plus de 50 KWhep/m². En juin 2010, députés et sénateurs se sont donc attaqués à la modification des codes des impôts, de la construction, de l’urbanisme, de l’environnement et autres lois. Le 28 octobre 2010, le décret attendu fut publié au journal officiel.
Il révèle quelques étrangetés.
1 kWh d’électricité a été évalué à 2,58 kWh d’énergies primaires : tous les lobbyistes hurlèrent que cela pénalisait la production nucléaire … pour ne pas laisser dire le contraire : l’équivalence aurait dû s’approcher de 3,02 kWh d’énergies primaires.  L’essentiel des efforts étaient demandés à l’isolation des bâtiments puisque « la principale énergie renouvelable reste l’économie d’énergie ». Mais les dernières pages de la RT 2012 réservaient quelques surprises : les coefficients retenus favorisaient largement les laines minérales au détriment des isolants peu transformés (comparaison avec les valeurs retenues en Allemagne ou en Suisse).
Or, la laine de verre coûte très cher en énergie: il faut d’abord produire du verre en fusion, l’étirer, l’éclater, … À 806 kWh/m3, pour de la LV 60kg/m3, c’est même l’un des isolants dont la production consomme le plus d’énergie (avec le polystyrène et le polyuréthane). Autre défaut : les laines minérales sont très fragiles. Leurs longévités (à efficacité d’isolation constante) sont certainement très inférieures à celle du bois ou de n’importe quel autre isolant. Le coût énergétique de leur production s’amortissant sur beaucoup moins de temps, leur ENERGIE GRISE est dramatique. De plus, les isolants biosourcés, eux, sont généralement recyclables voire valorisables en fin de vie.
Les murs consomment aussi des produits coûteux en énergie. Le béton (500 kWh/m3) devient particulièrement coûteux quand il est armé (1850 kWh/m3). C’est qu’il contient de l’acier ! Un tuyau de PVC revient à 27 000 kWh/m3 mais un en acier : 60 000 kWh/m3. Le record va à l’aluminium : 190 000 kWh/m3, mais il est pratiquement inaltérable (et parfaitement recyclable).
Si l’objectif final est effectivement de « sauver la planète », les équations deviennent compliquées : les idées reçues ou les campagnes publicitaires ne suffisent plus. Si vous souhaitez isoler votre chaudière avec le meilleur isolant possible, vous choisirez peut-être du polyuréthane, donc vous consommerez moins d’énergie de chauffage mais ledit isolant a coûté beaucoup d’énergie à produire … ! La bonne décision devient délicate, d’autant  que ladite chaudière aura une durée de vie limitée.
A priori, la plus grande quantité d’isolants utilisée dans le bâtiment est destinée aux parois. Puisque nous allons construire des maisons lourdes (en Provence), elles devraient durer longtemps (plus d’un siècle ?). Or, changer toute l’isolation reviendrait horriblement cher. Donc, il faudrait choisir des isolants coûtant le moins possible à produire et conservant le plus longtemps possible leurs qualités thermiques. La réponse se trouverait donc soit vers les isolants à base de bois (laine de bois, ouate de cellulose, …) soit vers les parois constructives isolantes (blocs pierre ponce, béton cellulaire, …). Il n’y a pas de matériau idéal en tous points : il faudra trouver les combinaisons de matériaux complémentaires … Et rester vigilant : il en apparaît de nouveaux chaque jour.
De ce point de vue, le Grenelle 2 autorise à peu près tout puisque toute disposition d’urbanisme qui interdirait l’utilisation de matériaux renouvelables, ou de procédés de construction permettant d’éviter l’émission de gaz à effet de serre, est « réputée non écrite ». En d’autres termes : il est interdit aux communes d’interdire.
PS : le drame du World Trade Center a laissé des traces dans les organismes des sauveteurs qui y ont travaillé. Les soupçons concernant la nocivité des laines minérales et des polystyrènes ont été confirmés par les médecins qui les ont soignés. Les règlements n’en ont pas encore pris compte.

 

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